Jules Supervielle : Boire à la source

Jules SupervielleConférence par Jacques Le Gall
Introuvable en librairie ou peu s’en faut,
Boire à la source est cependant, comme l’a écrit Etiemble, un livre « capital pour l’intelligence de Supervielle » (1). Pourquoi et de quelle manière ? Voilà à quoi cette postface tentera de répondre.

Si possible sans perdre de vue que « l’intelligence de Supervielle », loin de se réduire à une faculté d’entendement, requiert une aptitude à l’affection :

Ecoute, apprendras-tu à m’écouter de loin,
Il s’agit de pencher le cœur plus que l’oreille,
Tu trouveras enfin des ponts et des chemins
Pour venir jusqu’à moi qui regarde et qui veille.

Boire à la source a bénéficié de deux éditions, déjà anciennes. La première, datée de juin 1933, chez Corrêa. La seconde, en septembre 1951, chez Gallimard. Pour l’essentiel, celle-ci reprend celle-là : même titre, même découpage en cinq parties, même texte à l’intérieur de ce pentaèdre dont quatre faces portent un nom de lieu tandis que la partie centrale — « La Traversée » — désigne un espace intermédiaire sinon un non-lieu : « J’aime par-dessus tout les états de passage »3, dira Supervielle. Il existe toutefois deux différences, sans doute corrélées, entre ces deux éditions successives. Le sous-titre original a été simplifié : Confidences s’est substitué à un plus explicite Confidences de la mémoire et du paysage ; trois chapitres ont par ailleurs été ajoutés à la fin de la deuxième section « Uruguay » : « Journal d’une double angoisse », « Le temps immobile » et « Les bêtes ». Lire la suite

Lire l'article de Daniel Aranjo "Jules Supervielle entre Oloron et Montevideo" / Babel, 18, 2008

La conférence a eu lieu le 16 mai 2013 à la Médiathèque André Labarrère, Pau.