Venir aux Pyrénées : des voyages romantiques au tourisme de masse

Venir aux Pyrénées : des voyages romantiques au tourisme de masse

Vue depuis Pau, la chaîne des Pyrénées apparaît pour celui qui la découvre comme une barrière infranchissable et aussi comme la promesse d'un au delà merveilleux, exotique. D'emblée la montagne force le regard, convoque l'imaginaire.

 

Panorama de la Chaîne des Pyrénées : Pris de la place Royale à Pau / Mercereau,Charles / 18 ?? / lithographie / Bibliothèque Patrimoniale / cote Ee3208

 

C'est durant la première moitié du XIXe siècle, que les Pyrénées deviennent avec la vogue du thermalisme, un haut lieu du tourisme. Dans le sillage de l'aristocratie et de la bourgeoisie, écrivains, peintres se rendent en calèche depuis Pau dans les  stations thermales des Eaux-Chaudes et des Eaux-Bonnes. Bals, concerts, excursions en montagne, fêtes villageoises contribuent pour la bonne société à l’agrément du voyage.

Sous le second empire sont construites les routes menant aux cols de Marie Blanque, Aubisque, Tourmalet, Aspin. Aux voyages romantiques succèdent les pèlerinages à Lourdes et la fréquentation des Pyrénées s'intensifie.
La création de stations de sports d'hiver, l'organisation de courses cyclistes et en particulier le Tour de France développeront l'activité touristique des Pyrénées.

Cette histoire a laissé de nombreuses traces, romans, récits d'excursions, chroniques, herbiers, peintures, dessins, photographies aujourd’hui conservés dans les musées, archives et bibliothèques.

 

Pyrénéisme : « Ascensionner, écrire et sentir »

Le terme « pyrénéisme » apparu  au XIXe siècle désigne un rapport à la montagne où expérience physique et sensible se racontent au travers de l'écriture, du dessin, de la peinture.

[Henry Russell dans son sac en peau] / s. d. / Meys, Maurice (photographe) / Bibliothèque Patrimoniale / cote PHA180

 

Henri Beraldi à l'origine du mot écrit dans  : Cent ans aux Pyrénées

    « L’idéal du pyrénéiste est de savoir à la fois ascensionner, écrire et sentir. S’il écrit sans monter, il ne peut rien. S’il monte sans écrire, il ne laisse rien. Si, montant, il relate sec, il ne laisse rien qu’un document, qui peut être il est vrai de haut intérêt. Si – chose rare – il monte, écrit et sent, si en un mot il est le peintre d’une nature spéciale, le peintre de la montagne, il laisse un vrai livre, admirable. »

 

 

Cependant, les définitions que donnent les dictionnaires ne distinguent pas toujours le pyrénéisme de l'alpinisme et le terme même de pyrénéisme n'y est pas toujours présent.

Dans le Trésor de la Langue Française Informatisé le terme apparaît dans l'article "Pyrénéen" et y est défini  comme le «Goût des courses et ascensions dans les massifs pyrénéens»

Pour Renaud de Bellefon, pyrénéiste et historien, la notion de pyrénéisme revêt un sentiment identitaire, et c'est surtout dans le domaine de la bibliophilie et de l’histoire littéraire de la conquête des Pyrénées qu'elle s'avère "efficace". (Le dictionnaire des Pyrénées / sous la direction d'André Lévy.- 2e éd. rev. et augm.- Toulouse : Privat , 2000. - p. 692-693)

Ramond de Carbonnières (1755-1827) est considéré comme le pionnier du pyrénéisme. Un sommet porte son nom : Soum de Ramond  nommé ainsi par Franz Schrader en 1872 en son honneur.

Articles

Hélène Saule-Sorbé, Pyrénéisme

Renaud de Bellefon,  L’écueil des revues pyrénéistes : la tentation de l’érudition rétrospective

Xavier Arnauld De Sartre, Le pyrénéisme est-il un possiblisme ?

Revue Pyrénées, Le passé du pyrénésime

Camille Ballerini, Le pyrénéisme : un patrimoine méconnu ?

Joseph Calmette, Le romantisme et les Pyrénées à propos d'un livre récent

Site Pyrénées passion, Le pyrénéisme

Société des amis du musée Pyrénéen, La revue Pyrénées et la revue Pyrénées sur Gallica.

André Suchet, De Louis Ramond de Carbonnières à la Pléiade des Pyrénées ou l’invention du pyrénéisme selon Henri Béraldi


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